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Abdesslam Benahra : La formation professionnelle est une voie d’excellence

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Abdesslam Benahra est le Président Directeur Général du Centre d’enseignement des sciences appliquées «CESA sup», groupe de Formation Professionnelle. Il est aussi président de l’AMEP et Vice Président de la FMEP (Association et Fédération Marocaine de l’Enseignement Professionnel Privé). Un regard affûté et attentif sur la formation professionnelle privée, au Maroc et à l’International. 

Quel est  votre diagnostic de l’état  de la formation professionnelle au Maroc?

En premier lieu je tiens à souligner  qu’il y a eu ,un avant et un après, au discours du 20 août 2018 de Sa Majesté le Roi Mohammed VI que Dieu l’assiste.

Aucun opérateur de formation professionnelle au monde qu’il soit public ou privé n’a réussi à maintenir une qualité de formation acceptable tout en augmentant massivement ses effectifs en formation. En une  décennie le principal opérateur public l’OFPPT, est passé de 50.000 à plus de 500.000 Etudiants Stagiaires. 

Et ce, tout en oubliant la concertation, la régulation, et la synergie avec

Les autres opérateurs de formation, pour les filières de formation porteuses sur le marché de l’emploi.

Tous les rapports publiés par les instances nationales d’évaluation (Cours des comptes, le HCP, et le CSEFRS)* sont unanimes, l’opérateur public n’a pas atteint les objectifs assignés à sa mission.

La prise en main de ce secteur de formation par notre Souverain est bien évidemment salutaire pour l’avenir de notre pays.

Le discours Royal du 20 août 2018 contient une véritable feuille de route précise, déclinée en six mesures stratégiques, à même de donner un cap puissant pour construire un nouveau modèle efficient du système de formation professionnelle de notre nation.

Notre Fédération a adressée à notre Ministre de tutelle un dossier de propositions et d’engagements sur les six mesures contenues dans la feuille de route Royale. 

A ce jour, nous attendons toujours à ce que nous soyons plus impliqués dans la refonte de notre système de formation professionnelle. Le secteur privé est demandeur. Il pourrait être un formidable laboratoire d’établissement pilote de nouvelle génération avec une excellente réactivité.

Quels sont à votre avis les métiers de la FP les plus prisés par les jeunes ?

Contrairement à ce que nous pensons, nos jeunes sont très à l’écoute du marché de l’emploi, notamment ceux qui s’orientent vers la formation professionnelle. Par exemple, ils se détournent assez rapidement des filières où l’emploi se fait rare.

Les métiers du digital séduisent plus de jeunes aujourd’hui. Vous aves les métiers paramédicaux qui sont une voie royale vers l’auto entreprenariat. Mais les métiers du tertiaire tel que le Commerce International, le Marketing et la Gestion restent très prisés.

Ce qui est tout à fait remarquable, à ce propos, c’est que le secteur tertiaire est le premier créateur d’emploi au Maroc depuis les dix dernières années.

Pour répondre à la deuxième partie de votre question, bien évidemment qu’il existe des métiers plus porteurs que d’autres, mais à des périodes précises. Par exemple si la demande de développeurs d’applications mobiles est comblée, ce métier ne sera plus porteur.

Aujourd’hui nous assistons à l’émergence d’une demande dans les métiers des Techniques Agricoles et des énergies Renouvelables, exemple Technicien d’installation-maintenance en micro irrigation, Horticulteurs, Technicien d’installation-maintenance de système à énergie photovoltaïque, .…

 …. L’adéquation formation – emploi …. ? 

Je ne cesse de dire à notre ministère de tutelle, à mes collègues, à mes formateurs et formatrices, ainsi qu’à mes étudiants-stagiaires que former un professionnel à une profession ou à une technologie périmée, c’est former un professionnel ou un technicien périmé. C’est-à-dire que même si nous formons à un métier demandé, mais avec des technologies ou des pratiques révolues, nous perdons toutes nos chances d’adéquation.

Aussi,  on se doit de concevoir des nouvelles filières de formation professionnelle en étant piloté par la demande et les grandes tendances (nationales & internationales) du marché de l’emploi.

Encore faut-il que les dispositifs  de veille économique et technologique deviennent pleinement  opérationnels (Observatoire de l’emploi est des compétences, …)  Ce qui est loi d’être le cas aujourd’hui.

Que préconisez vous pour réhabiliter la formation professionnelle au Maroc … ? 

L’opinion publique doit être convaincue que la formation professionnelle est une voie d’excellence. Et ceux qui le savent déjà ont brillamment réussie leur vie professionnelle et sociale. 

Mais c’est aux pouvoirs publics de faire plus d’efforts en vue de mieux valoriser la formation professionnelle. D’abord en rectifiant le cap selon Les hautes directives Royales.Ensuite en communiquant sur  les exemples nombreux de réussite sociale de nos jeunes qui ont suivis la voie de La formation professionnelle.

Mais nous ne devons pas perdre de vue les évolutions indispensables qui s’imposent à la formation professionnelle de notre pays ; la première des actions nécessaires  à mon avis, est d’accroitre à la fois les capacités d’évolution cognitive et les capacités  d’évolution par la pratique de la formation professionnelle (Self learning, & learning by doing).

L’opinion publique doit être convaincue que la formation professionnelle est une voie d’excellence. Et ceux qui le savent déjà ont brillamment réussie leur vie professionnelle et sociale. 

Mais c’est aux pouvoirs publics de faire plus d’efforts en vue de mieux valoriser la formation professionnelle.

Abdesslam Benahra

La formation professionnelle se doit aussi  d’enrichir ses capacités prédictives, et de veille, quels  seront les métiers auxquels nous devons former dans 10 ans, 20 ans ?

La transformation digitale n’est pas une tendance passagère, la formation  professionnelle sera dévalorisée si elle ne change pas de paradigme. L’IA, le Big Data, la digital factory, l’industrie 4.0 sont une réalité qu’il nous faudra s’approprier massivement, et à court terme, si nous ne voulons pas former des futurs professionnels à des technologies périmées.

Que conseillez-vous à un jeune qui veut se lancer dans la filière professionnelle ? 

Je lui dirais bienvenue dans le monde du réel (pas celui de la réalité virtuelle : amis facebook, sports sur station électronique, …) où il aura tout les loisirs pour s’épanouir, construire et développer sa personnalité, son autonomie. Apprendre à apprendre dans la réalité professionnelle,  permet souvent d’éviter  la routine estudiantine classique. 

Chaque jeune possède le potentiel de se réaliser dans le métier qu’il lui conviendra par envie personnelle, tout en étant certain qu’il aura la capacité de changer de métier avec succès s’il le désire plus tard. 

Car plusieurs des métiers qu’on exercera dans 10 ou 20 ans ne sont pas connus aujourd’hui. 

Propos recueillis par JAMIL MANAR 

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